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Camerone, fête de la Légion étrangère [13165]

Albert WEBER

Film amateur
    • Genre
    • Documentaire
    • Durée
    • 00:06:34
    • Coloration
    • Noir & Blanc
    • Format durée
    • CM - Court métrage
    • Format original
    • Film 16 mm
    • Son
    • Muet
    • Descripteurs
    • Algérie - Colonie française - Commémoration - Défilé - Légion étrangère
Cartons "Chaque année le 30 avril partout dans le monde, garnison ou simple poste, le souvenir du combat de Camerone est commémoré avec solennité." "C'est dans une Compagnie Saharienne Portée de Légion que le film a été enregistré."
La garnison se met en place.

Carton "Le 29 avril au soir les fêtes débutent par un défilé de chars."
Les chars, décorés de branchages et de lampions, défilent de nuit.

Le 30 au matin en grande tenue saharienne. Lecture est faite relatant le combat de Camerone (Mexique) le 30 avril 1863. Ils furent moins de 60 opposés à toute une armée, sa masse les écrasa, la vie plutôt que le courage abandonna ces soldats français... et la fête se termine par les réjouissances pour grands et petits. (sur un panneau : « A l'encontre du légionnaire ne croît pas la soif » Le Café Maure. Puis les réjouissances... (intertitres du film).
La relation du cinéaste amateur Albert Weber avec l’Armée française se manifeste par  le tournage annuel de la commémoration de la bataille de Camerone par la Légion étrangère, plus particulièrement dans la garnison de la compagnie portée [équipée en moyens de transports] de Laghouat. 
Parmi la production cinématographique d’Albert Weber relative à cette commémoration, trois films peuvent être retenus afin de cerner la continuité et les ruptures entre les années trente et 1963 : « Camerone, fête de la Légion étrangère » (années 30 probablement, 6’20’’, 16 mm, muet, noir et blanc) ; « Camerone 1952 » (3’56’’, 16 mm, muet, noir et blanc et couleur) ; « Camerone 1963 » (13’, 16 mm, muet, couleur).
 
La bataille de Camerone, le 30 avril 1863, lors de l’expédition mexicaine sous le Second Empire, se solde par une victoire des troupes mexicaines contre soixante-cinq légionnaires qui résistent une journée dans une hacienda du village de Camaron de Tejeda (Camerone en français). Les derniers survivants acceptent de se rendre à condition de garder leurs armes et de pouvoir secourir leurs blessés. Depuis, chaque année cette bataille est célébrée comme un haut fait de la Légion étrangère. Comme le précise l’intertitre de Camerone, fête de la Légion étrangère, « chaque année le 30 avril partout dans le monde, garnison ou simple poste, le souvenir du combat de Camerone est commémoré avec solennité » afin de se souvenir que « la vie plutôt que le courage abandonna ses soldats français ». Albert Weber filme régulièrement dans la garnison de la compagnie portée de Laghouat, plus rarement ailleurs comme à Fort Flatters, entre Ouagla et Tamanrasset. Destinés à être projetés d’abord auprès de la compagnie, ces films, annuellement renouvelés, entretiennent l’esprit de corps dans un territoire éloigné et difficile d’accès. Ils prennent un sens particulier à l’époque de la guerre d’indépendance pendant laquelle les légionnaires jouent un rôle non négligeable dans le « maintien de l’ordre » et la « pacification ». Le déroulé de la commémoration est composé d’un défilé de chars de carnaval bricolés pour l’occasion, de la lecture du combat en tenue saharienne devant la troupe au garde-à-vous et fusils à l’épaule puis de réjouissances pour petits et grands à travers des stands de kermesse.
 
Dans l’espace clos et protégé qu’est la garnison, les images révèlent un état d’esprit, une culture à travers des chars avec inscription plus ou moins farfelues et des hommes grimés à l’occasion de la fête :
  • on voit des danses simulées par des hommes en "blackface" dans Camerone, fête de la légion étrangère (TC de 01:01:28:00 à 01:01:34:15) et dans Camerone 1963 (TC 01:11:57:22). Ainsi, le colonisé est réduit à une infériorité supposée par l’Européen, qui exprime des stéréotypes imaginaires coloniaux. 
  • Dans Camerone 1952, un homme s’est habillé en Père blanc, père missionnaire sur le continent africain (TC 01:01:48:12) tandis que des légionnaires mangent avec des baguettes et que d’autres encore sont grimés en Asiatiques (TC 01:02:20:22 et 01:02:39:02), ce qui n’est pas sans évoquer le rôle que la Légion étrangère a eu lors de la guerre d’indépendance en Indochine.
  • Les difficultés liées au milieu dans lequel les légionnaires interviennent sont brocardées avec par exemple dans Camerone, fête de la légion étrangère le char consacré à un « chameau blindé » qui « ne craint ni le sable ni la panne d’essence », qui « à l’encontre du légionnaire ne craint pas la soif ».
  • Dans Camerone 1963 (TC 01:10:16:18), un char appelé « Atom Danger », sur lequel a été installé un faux missile qui finit par brûler devant un homme coiffé d’un casque sur lequel est inscrit ONU (TC 01:10:56:01), fait référence à la dissuasion nucléaire, dont le premier essai français, sous le nom de code Gerboise bleue eut lieu dans le Sahara algérien en 1960, à Reggane soit près de 800 km au sud de Laghouat à vol d’oiseau. Enfin, dans Camerone 1963 , les quelques minutes filmées de la reconstitution de la bataille de Camerone dans le désert saharien (TC de 01:01:19:22 à 01:02:54:20) prennent une valeur symbolique à l’occasion du centenaire, dix mois après l’indépendance de l’Algérie (5 juillet 1962), près d’un an après les accords d’Évian (18 mars 1962) qui ont prévu le rapatriement progressif des effectifs militaires français.
Albert Weber, un cinéaste amateur sur tous les fronts.

Albert Weber est né en 1905 à Thann, dans le Sud de l’Alsace. Il suit des études de médecine et s’oriente vers la chirurgie-dentaire. En 1925, il incorpore les services de santé de l’armée à Lyon, avant d’être envoyé à Beyrouth l’année suivante. En 1936, il part pour l’Algérie dans le cadre d’un nouvel engagement auprès de l’Armée française, notamment pour l’Hôpital de Laghouat. Plus précisément, il est conventionné par l’Armée pour des missions médicales dans le M’Zab. Il s’agit d’une région berbérophone au nord du Sahara algérien, à environ 400 km d’Alger, traversée par un oued (fleuve) éponyme, d’une superficie d’environ 8000 km2 et de près de 200 000 habitants environ, dont la ville principale est Ghardaïa. C’est là qu’il commence à filmer en amateur et rencontre également sa future épouse, Andrée, institutrice d’origine bretonne.

Durant les vingt-six années passées en Algérie, Albert Weber filme énormément, la région lui servant en quelque sorte de laboratoire pour apprendre et se perfectionner. Il utilise d’abord le 9,5 mm noir et blanc, par la suite il s’adapte aux nouveautés sur le marché de l’audiovisuel amateur. En 1942, il change son format de film au profit du 16mm, d’abord noir et blanc puis en couleur. Grâce à sa caméra, Albert Weber se place, dans la région de Laghouat, au sud de l’Algérie, comme une véritable figure du cinéma amateur. Par ses films, nous pouvons aisément connaître sa vie et ses engagements car il filme dès qu’il en a l’occasion. Ainsi, il tourne un peu sur tous les fronts, de l’armée aux cultures sahariennes vues par un œil européen en passant par la médecine, l’urbanisme ou encore ses engagements associatifs.

Certains films ont également été utilisés pour financer des œuvres caritatives, telles que la Croix-Rouge ou l’Association des Amis du Sahara, et d’autres récompensés, comme par exemple Images Sahariennes (1949), premier prix de cinéma amateur, ainsi que Missions Ophtalmologiques la même année. Dans les années cinquante, Danses du Sud est primé à un festival d'Alger. Étrangement, Albert Weber ne filme pas ce qui pourrait se rapporter directement à la guerre d’Algérie, qui est un peu moins présente dans le sud de l’Algérie, alors que de nombreuses images sont tournées au cœur de défilés militaires, dont un quelques mois après l’indépendance.

Dès 1963, quelques mois après l’indépendance, Albert Weber et sa femme sont contraints de quitter l’Algérie, comme de nombreux Français. Ils s’installent tous les deux en Bretagne, à Pontrieux dans les Cotes-d’Armor. Albert Weber continue de tourner des films, en Bretagne et ailleurs en France, notamment en Alsace, sa terre natale. Durant les dernières années de sa vie, il s’engage un peu plus dans la commune. Il siège au Conseil municipal de Pontrieux dès 1965 et est élu maire divers gauche entre 1971 et 1983. Il y vit jusqu’à sa mort et la petite ville se retrouve au cœur d’un certain nombre de films, comme Laghouat l’était lorsqu’il vivait en Algérie. En 1984, il range définitivement sa caméra après le carnaval de Pontrieux, ville où il décède en 1992.

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