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Commune de Couffé 6 [27668]

2002 précisément

Film professionnel | Bretagne

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    • Genre
    • Documentaire
    • Durée
    • 03:00:04
    • Coloration
    • Couleur
    • Format durée
    • R - Rushes
    • Format original
    • Vidéo montage
    • Son
    • Sonore
    • Descripteurs
1810W16 ; Couffé 6, cassette DVCAM, interview de Elisabeth Pageau (chansons à l’école, 28 octobre), Bernard de la Roche-Macé (25 novembre 2002), Eugénie et Louis Héas (5 décembre 2002) - 604VM0054

Première Partie (01:00:00:00 à 02:23:36:11) : interview d' Elisabeth Pageau, chanson à l’école, et Bernard de la Roche Macé (durée 1 heure 23')


Elisabeth Pageau chante des chansons « l’alphabet » (de 01:00:00:00 à 01:03:07:11
Chanson composée sur l’air de l’eau vive par les anciens du club de la commune « Ma mémé fait du vélo » (de 01:03:07:12 à 01:07:47:19) , chanson sur l’hirondelle apprise par sa mère (de 01:07:47:20 à 01:11:27:08).

Cahier de chansons emportés pendant les mariages et tâché, chanson « le jour de la noce à Marie tout le monde » de 01:11:27:08 à 01:16:06:21

De 01:16:06:22 à 01:17:23:18 ; vue sur vigne avec école derrière ; ces vignes ont disparues aujourd’hui remplacées par un lotissement. C’étaient les vignes de La Roche Macé.

De 01:17:34:19 à 02:21:27:00, interview du 25 novembre 2002, de Bernard de La Roche-Macé (fils de François de La Roche-Macé) né le 11 juin 1922 au château et de son épouse, dans une pièce du château avec cheminée de style Renaissance derrière, statues religieuses.

Les sages femmes venaient à la maison. Ils étaient 8 enfants. Le domaine comportait 8 fermes. Son père est né aussi au château et la famille de La Roche Macé y est implantée depuis la Révolution française. Il y a des alliances avec les de La Ville-Jégu et de Charrette. Avant la Révolution on ne connait pas grand-chose du château bâti sous plusieurs périodes (XV, Renaissance, XIX).

Bernard de La Roche-Macé avait une passion pour le football ; il avait pratiqué ce sport au collège Saint François Xavier à Vannes pendant 5 ans jusqu’en 1939. En 1962, il commence à s’occuper du club de football de Couffé. Dans la région, il y avait Ancenis qui avait un club et le plus important à Vannes. Il est envoyé au STO pendant la guerre de juin 1943 à avril 1945 (il était de la classe 42 et n’a pas fait d’armée). Quand il revient à Couffé, il n’y a rien en football à Couffé. Il y eu une équipe qui s’est monté avant la guerre d’Algérie (mais celui-ci a disparu car les jeunes sont partis à la guerre). Une autre génération de jeunes lui a demandé de s’occuper du football ; comme il n’avait pas de terrain, ils jouaient sur un terrain de la Roche-Macé. Il prend la direction du club en 1962 avec des débuts difficiles, sans voitures et sans équipe formée. L’équipe était affiliée à la fédération française de football (Ligue de l’Ouest avec siège social à Rennes, et un district à Nantes). La licence impliquait des catégories d’âge, des séniors (en dessous de l’âge requis). Pendant la première année, il n’avait pas d’entraineurs. Celui n’est arrivé que la deuxième année. En 1972, le terrain était éclairé. Il n’y avait pas de lavabos ; c’est Mme de La Roche-Macé qui faisait bouillir de l’eau dans des marmites. Les vestiaires étaient dans un garage. Il a été président de 1962 à 1987. Puis, il y a eu un terrain officiel terrain municipal depuis 1980 qui a été appelé terrain « Bernard de La Roche-Macé ».

En tant que viticulteur, il avait une fourgonnette. Pour transporter les joueurs, ensuite les joueurs ont eu des voitures. Il s’est investit dans d’autres associations ; premier président du Comité des fêtes a 27 ans (de 1949 à 1959) s’occupant des courses de chevaux pendant 10 ans et des comices tous les 4 ans.

Le rapport avec les forains n’était pas facile lors de la venue des fêtes foraines ; c’était une fête de pays avec bal, kermesse paroissiale au profit des écoles et de l’église.

La Fête de La Saint Pierre a été fondée par un curé nouveau, fête qui est devenue folklorique de l’Union culturelle de Couffé (UCC). Bernard de La Roche Macé s’occupait du rayon vin.

Bernard de La Roche Macé était un chasseur ; dans le chenil familial il y avait 7 ou 8 chiens. Le domaine avait beaucoup de lapins. On ne pratiquait pas la chasse à courre. On ne tuait pas de gros gibiers, pas de chevreuils ni de renards). La myxomatose a décimé les lapins à partir de 1956. Les lapins faisaient des dégâts dans les cultures.

Son métier de viticulteur ; à son retour d’Allemagne, il songe à gagner sa vie. Il y avait de la vigne sur le domaine de La Roche Macé. Le phylloxéra qui apparait en 1853 en France dans le Gard va décimer les vignes françaises ; cet insecte parasite sorte de puceron des vignes qui venait d’Amérique dévorait les racines des plants français. Les français font des essais de plants américains qui résistent mieux. Chez les français, il était impensable d’abandonné les plants cultivés en France aussi, les viticulteurs français ont greffé (petite encoche, entaille sur le port greffe, lié avec du raphia) des plants français sur des pieds américains. Le phylloxéra arrive en Loire-Atlantique en 1892-1893.

En 1893, il y avait sur le domaine de La Roche Macé, une vigne plantée par son arrière grand père soit 25 hectares. Vers 1900, après le passage du phylloxéra et les replantations de vigne, il ne reste que 15 hectares. Entre 1914 et 1918, la vigne est laissée à l’abandon faute de main d’oeuvre. Entre 19254 et 1930, son père François de La Roche Macé arrache la vigne (les ceps de vigne sont brûlés dans la cheminée). Il replante la vigne en 1947-1948 avec 6 hectares muscadet et gamay et quelques rangs de gros plants, puis il a pris 3 à 4 hectares d’autres vignobles. En 1977, il prend à bail (bail de 9 ans) le vignoble au sud de la tour d’Oudon où il fait du gros plant AOC avec 9 hectares. Il a donc géré un domaine viticole de 18 hectares. En 1987, il prend sa retraite, mais à la droit d’exploiter 1 hectare et demi (ce sont les vignes à côté de l’école sur la route de Ligné). A Couffé, la vigne disparait peu à peu.
Pendant les vendanges, il embauche su personnel. Il y avait un vieux pressoir à fût à la Sucrerie. 0 Oudon, il fallait 25 à 27 vendangeurs et faisait un peu de social. Toute la vendange de la journée passait au pressoir dans la journée. Bernard de La Roche Macé s’occupait de la partie œnologie et de la partie commerciale. Le pressoir avait un levier, deux grosses poutres perpendiculaires mises l’une sur l’autre entre deux planchers, ù l’on mettait le raisin. Le raisin pour être pressé était mis entre deux planchers (les planches de bois avaient des noms ; carreaux, aiguilles, belottes). Il fallait deux personnes pour tourner le pressoir. Au fur et à mesure que le fût descendait, il écrasait le raisin. Le raisin n’était pas écrasé sous les pieds. Il avait un moulin pour écraser le raisin avant de la mettre en pressoir.

Quand il avait 8 hectares, il fournissait la nourriture aux vendangeurs, ensuite chacun a apporté sa nourriture. Il ne logeait pas les vendangeurs. La journée débutait à 8h jusqu’à 12h30 pour pause déjeuner, puis de 14h à 18h00.

M Pontereau de l’ARRA voulait effectuer une rénovation à l’Ecorchère ; il a loué le pressoir de La Roche Macé à La Sucrerie et y a entreposé des affaires en vue de monter un musée agricole.

Les raisins étaient coupés au sécateur et non avec des machines. Sa vigne n’était pas adaptée à l’automatisation car il faut planter la vigne en fonction de machine. Ensuite, il a utilisé un pressoir mécanique.

L’origine du lieu dit La Sucrerie ; nom dû à des essais de betteraves sucrière au XVIe siècle. Les bâtiments du pressoir sont anciens. Le terrain est argileux et difficile à cultiver.

La propriété de La Roche Macé comportait 8 fermes (pour 7 enfants survivants).

Au départ de son activité professionnelle il a fait des erreurs ; il a été mal conseillé. Il a planté dans des terrains trop bas sensibles aux gelées printanières. Entre 1950 et 1960, il y eu de nombreuses gelées printanières. Pour lutter contre ces dernières, il installe des récipients avec du fioul pour chauffer Aidé par un vigneron, c’est lui qui surveillait la nuit. Le vignoble repris à Oudon ne gelait pas (en bord de Loire).

Il a acheté de nouvelles cuves quand le produit s’est développé.

Pour le négoce, il passait livrer lui-même, se rendant chez son frère prêtre à Abbeville dans la Somme, à Rouen. La clientèle s’est constituée sur le long terme grâce à la notoriété des concours à Paris (Médaille d’Or à Paris). Il vendait en Bretagne, en Normandie et partout en France. A Couffé, il était le seul à commercialisé du vin.

La vigne disparait peu à peu sur la commune laissant la place aux lotissements. Les petits propriétaires de vignes vendant car les enfants ne reprennent pas la suite et qu’on leur propose des prix élevés.

La vigne marche bien à La Varenne.

Bernard de Laroche Macé a cédé du terrain à la commune. Le domaine allait jusqu’à l’église au bas du bourg.

Mme de La Roche Macé vient de Ponchâteau ; le couple s’est mariée à Ponchâteau (un frère s’est marié en 1951 avec la sœur de son épouse qui a eu 8 enfants). Le couple n’a pas eu d’enfants. Ils autorisent les gens à venir se promener dans le parc où l’on trouve un rocher nommé la main du Diable (trace dans le rocher, le diable y aurait enfoncé le rocher pour écraser les gens de Couffé qui était trop religieux »

La vigne était tournée mais pas attachée.

Bernard de La Roche Macé a été élu pendant deux mandats de conseiller municipal, en 1977 (il a été élu sans qu’il ne se présente) à 1983, puis de 1983 à 1989. Il a géré les terrains de sports (problème pour faire tondre le terrain par les Papillons Blancs avec un responsable qui les laissé seul, puis un entrepreneur qui tondait mal, problème d’arrosage). Il était aussi dans la commission urbanisme.

Ils ont des relations avec les autres châteaux, avec les Lauriers de La Contrie, ceux de la Villejègu (tante Duplessis), le château de Bougon à La Souffrière autrefois à la famille de Charrette, Mme de Charrette était la soeur de son père François de La Roche Macé) ; le château est vendu en 1939 à Guillouard (industriel de Nantes), puis vendu en 1960 à Fayolle ancien vétérinaire actuel propriétaire.

Les jeux d’enfants ; tennis sur la propriété de la Roche Macé, les osselets étaient un jeu de filles. La mère de Mme était la sœur du maréchal Delattre de Tassigny (une tante morte à Buchenvald).

De 02:21:27:01 à 02:23:36:11 ; Visite du site de La Sucrerie, cave de Bernard de La Roche Macé

GP sur plaque « Bernard de La Roche Macé récoltant 44150 Ancenis, Muscadet aux Côteaux de La Loire, Gamay des Côteaux d’Ancenis, Belle Folie méthode « champenoise », tel (40) 96.55.07. », vue sur le bâtiment, visite du pressoir, cuve de marque Vaslin, instrument de vinification, cuves en inox, étiquettes,

Le métier de viticulteur a évolué avec des interdictions et des obligations.

Seconde partie (02:23:36:12 à 04:00:04:22) : Interview de Eugénie et Louis Héas 5 décembre 2001. durée 1h36’

Louis Héas est né le 27 avril 1911 à Couffé à La Lande où ses parents sont agriculteurs. Il a repris l’exploitation de ses parents étant le seul fils de la famille avec 3 sœurs. Il n’avait pas envie d’aller apprendre un métier mais aurait voulu être charron. Il a exploitée une ferme de 30 hectares, mais a débuté avec 20 hectares. Il pratiquait la polyculture ; blé, betteraves, vin, lait, beurre, porcelet, cochon gras, volaille. Maintenant les fermes sont spécialisées. Il avait un hectare de vigne avec du noa.

Le noa était bon pour la préparation de la charcuterie dans les pâtés par exemple. Le père de Louis Brunet (l’actuel charcutier) faisait sa charcuterie avec du noa. On trouve encore du noa, vin dur et sec dit vin « phoxé » (vert, ocre, au goût du terroir qui rapait).Louis Noret au lieu dit Le Clou faisait du noa assez vert.
Les hommes allaient à la cave où l’on pompait à la barrique (10 à 15 barriques par cave).

Il y a des terrains adaptés pour la vigne comme le Champ de La Pierre ou à la Alquetière ; ce sont des terrains forts, sur un coteau exposé plein sud et qui donne un raisin jaune.

Les vendanges se passaient en famille ou avec les voisins sur 2 ou 3 jours. Si cela se passait de ferme en ferme cela durait 15 jours. On finissait par un plant tardif dit l’Othello ».Son père avait planté du plant à Bertin c’est-à-dire du rouge (Bertin étant le nom d’un tonnelier).

Le vin était pour sa consommation personnelle et le surplus était vendu. Le vin vendu était transporté au train et versé dans une citerne, livré par des chevaux ou des bœufs en barriques de 100 ou 120 litres. Ensuite, des camions passaient pour prendre livraison du vin.

Le stockage du vin dans la cave a son importance ; dans un emplacement plus froid il ne bouillait pas et cela fait du mauvais vin, mais il peut repartir au printemps avec la bouillée. Il avait mis du sucre dans une barrique de gros plant, et le vin n’avait bouilli qu’au mois d’aout avant de la mettre en bouteille. Le sucre n’était pas utilisé autrefois avant 1935.

Au lieu dit Les Landes, il y avait deux fours à pain. Sa mère boulageait, puis son père ou sa mère pétrissait et le cuisait. Le levin était donné de voisin en voisin. La farine était emmenée par le meunier. Il y avait 4 à 5 sacs en avance dans le grenier pour faire le sport.

Le blé était envoyé au moulin Durand près du Cadereau. Pendant la guerre, ils ont toujours mangé du pain blanc ; les sacs de blé étaient apportés clandestinement la nuit chez le meunier. A la campagne, il n’y avait pas de problème de nourriture. Les sacs de grains étaient cachés pendant la guerre.

Louis Héas a été prisonnier pendant la guerre mais s’est évadé ; revenu à Couffé, il s’est caché.

Pendant la guerre, des hommes revenaient avec 4 barriques de vin par la Loire venant de la Varenne ; un jour, un gendarme les arrête à Oudon pour les cueillir pour marché noir et fraude ; le gendarme veut les verbaliser mais dans le lot il y avait une barrique pour lui.

Pendant la guerre, la vigne est moins entretenu et donne moins. Tout le monde avait son carré de vigne, même les gens du bourg (le cordonnier, le sabotier…).En 1958, il y avait 300 déclarants de vins qui produisaient chacun de petites quantités. Certaines surfaces ne dépassaient pas 12 ares 16 (1200 mètre carré) soit une boisselée. En Maine et Loire, 8 boisées équivalaient à 12 boisées en Loire Atlantique.

Les labours ; on pratiquait une rigole dite égouttoir pour que les racines de choux ne pourrissent pas. Les béteraves étaient ramassées à La Toussaint. Il a travaillé avec des bœufs et les dressait avec son père. Les bœufs étaient réunis par un joug,. Un courbeton (bout de fer) avec une rondelle devant et l’autre derrière (rondelles en bois de chêne ou d’ormeau) était coincé avec une vis.
Son père dressait une paire de bœufs et les revendait tous les ans en gagnant 1000 francs. Louis Héas aimait dresser les bœufs pais pas les toucher. Le labour se faisait en sabot avec la charrue et cela n’était pas facile. Les bœufs marchaient à la parole ; « tu » pour gauche , « di » pour la droite, « hein » pour aligner.
Le même mot en patois n’est pas le même partout ; on dit Ma à Couffé, Moué à Oudon, Mé à Ligné.

Eugénie Héas est de Mésanger et fille d’agriculteur dans une ferme de 42 hectares à La Bobrotière. Pendant la guerre, les hommes étaient partis et les femmes travaillaient avec les chevaux.

Les battages s’effectuaient avec des manèges, batterie tournée avec des chevaux, des bœufs ou des vaches. Quand il y avait 4 timons, il y avait 8 bœufs. On ne se prêtait pas les bœufs ou du moins, sans la présence du propriétaire. Les boeufs avaient des noms le Marjelay, le Rouget, le Français (bœuf très intelligent qui les menait tout seul à la vigne). Les bêtes avaient un nom mais n’étaient pas déclarées et n’avaient pas de numéros. On faisait ce que l’on voulait dans les fermes.

Certains coupait le blé à la faucille comme le Père Maurice (surnom « Gagnien ») à La Choqueterie et battait au fléau avant son achat d’une batteuse et d’un moteur.

Généralement on battait au fléau pour le blé noir et on fauchait à la main des coins où la faucheuse ne pouvait pas passer.

Louis Héas était propriétaire d’une 15 aine d’hectares ; son père avait 15 hectares, il en exploitant en plus 5 à 6 hectares. Il était fermier de 2 ou 3 propriétaires. Avant le remembrement, les terres étaient morcelées. Louis Héas a pris sa retraite en 1973 à l’époque du remembrement. Ses enfants étaient partis et son fils (devenu plombier) n’avait pas voulu reprendre la ferme. Les clôtures devenaient obligatoires et il fallait beaucoup moderniser.

Les fêtes ; Michel Guillouat a mis en place des variétés en 1963. Les costumes étaient loués chez Peignon à Nantes. Bernard de La Roche Macé s’était déguisé en gendarme et avait été verbalisé en gare d’Oudon. Le fil Héas a participé à la fête (fête sans prétention, sans autosatisfaction pour amuser et faire rire la population).

Louis Héas allait au bourg tous les dimanches. Après la messe, c’était le verre au café pour les hommes, les courses pour les femmes, écouter les publications (autour d’une pierre sur laquelle montait le secrétaire de mairie) ; après la fin des cloches, c’était le Couffé Infos de l’époque. Selon la période, on rappelait qu’il fallait déclarer le stock de vin, déclarer la récolte, que la truie avait fait ses porcelets, que le transport de chaux de M Gautier d’Ancenis est arrivé en bateau….

Louis Héas allait avec son cheval ou son tracteur à Ancenis pour amener ses porcelets.

Il était chasseur. Certaines terres étaient interdites à la chasse.

On achetait quand on avait de l’argent, quand on vendait les génisses, les vœux, les cochons, les porcelets. Les porcelets étaient vendus à la ferme ou à la foire d’Ancenis (où l’on se rendait à pieds par la route). Candé avait une grande foire mais Louis Héas n’amenait pas ces boîtes à cette foire.

Ancenis avait une foire importante pour la vente des cochons et étaient acheter par des étrangers aux départements.

Il y avait des charrons, des caroniers, des marchands de bêtes avec des porte feuille retenus par une chaîne avec une blouse de commerçant (des maquignons).

Il y avait des concours de labours avec deux bœufs ; on devait faire le sillon le plus droit possible et c’est la dernière raie qui comptait. En 1959, Louis Héas remporte le second prix avec 10 francs.

Sur le marché d’Ancenis, après les transactions, certains allaient boire au café ; ils buvaient durs et rentraient chez eux tard dans le soir mené par le cheval, s’arrêtant à tous les cafés sur le chemin. A Couffé, un homme s’était arrêté à l’hôtel Beauchêne et un plaisantin avait mis un journal devant la tête du cheval pour qu’il le lise .Un plaisantin Un autre plaisantin avait fait une blague à Louis Guillon de La Pichaudière en mettant le cheval attelé à l’envers et l’homme dit « faire ça à un homme de mon âge et à un cheval qui est fin comme un vicaire ».

Pierre Foucher de Mésanger parlait patois ; quelqu’un avait besoin du hongreur car une vache avait « empatacher » une patte (la vache avait coincée sa patte) à Pannecé.

Les agriculteurs soignaient eux même leurs bêtes. On leur donnait des tisanes faîtes à partir de plantes comme la molaine, le chien d’alifasse, la fougère, la graine de lin quand la bête était constipé). Il faisait la piqûre à ces bêtes et coupait les crocs des cochons avec une pince pour ne pas que la truie blesse les porcelets. Les tisanes étaient préparées dans des marmites puis mises en bouteille pour en faire boire le contenu. Quand une vache avait vélée on lui donnait du café et du vin ou de l’eau de vie. Sur le nombril du porcelet on mettait de l’eau de vie. On se servait de l’eau de vie comme désinfectant pour faire les piqûres.

Louis Héas châtrait les cochons pour 4 ou 5 fermiers. Un jour, il châtrait un cochon à Villeneuve chez Marcel Hardy, et le vétérinaire Villechevreuil le regardait faire ; « vous faîtes ça bien et vous ne tordez pas trop ». Il ne tuait pas les cochons.

Louis Héas a été maçon pendant la guerre dans le Maine et Loire (avec une fausse carte d’identité après son évasion de prisonnier de guerre et se nommait Chupin du Maine et Loire, agriculteur à Couffé, boucher à Sedan quand il était prisonnier.

Quand il était prisonnier il a tué un bœuf (normand) pour le premier de l’an avec une hache à la demande d’un soldat allemand.

Louis Héas a appris à faire des paniers avec son père avant d’aller au service militaire puis à Saint Géréon pour faire des gèdes carrées. La paille était coupée à la faucille, cet l’épi enlevé au ciseau ; on épluchait la paille. Les outils étaient simple ; un couteau, une chaise, un poinçon. Ces gèdes servaient pour le pain, de corbeilles à fruits, de panière.

Les barrières dans les champs étaient de deux sortes : avec une barre dessus et dessous et une en travers avec des paumelles, une autre avec deux barres avec des barreaux avec paumelles. Le bois utilisé était du châtaignier et les barrières se faisaient à la veillée. Il y avait aussi la « néchéliette », barrière mobile qui s’articulait qu’on appelait un « paou ».

L’eau venait du puits. Avant guerre, le seau était monté avec un tour. Les animaux buvaient dans les mares des champs.

Le service des eaux arrive vers 1950 aux Landes. L’électricité arrive en 1936 aux Landes. Au bourg, elle est installée en 1926 (mairie et église). Avant l’arrivée de l’électricité, les gens montaient des groupes qui permettaient de pomper l’eau du puits quand il était propriétaire. L’électricité était installée dans les sites les plus proches de la ligne ; les derniers ont été raccordés dans les années 60.
Avant l’armée, il allait à la pêche à la truite (braconnage arrêté par les gendarmes).

Ils allaient à La Loire pour tirer du sable avec des bœufs ; ce sable était destiné à la construction d’une maison. Pour faire une maison, on utilisait de la chaux vive avec de l’eau et du sable pour faire un mortier. On faisait appel à des maçons, des charpentiers, des menuisiers, des couvreurs.

A 17 ans, il a aidé un carrier qui utilisait de la poudre noire (avec obligation de déclaration en mairie pour emploi d’explosif agricole) ; il réalisait de petits cailloux qui servaient à empierer les routes du bourg sur lesquelles étaient passé un rouleau en granite tenu par deux timons et tracté par des bœufs.. Quand un rocher génait les cultures on le détruisait avec de la poudre en faisant un trou dans le rocher auparavant.

Le remembrement l’a marqué, comme l’assainissement des villages, le modernisme agricole, l’arrivée des batteuses, les pressoirs modernes (abandon des pressoirs à long fût).

Pendant les vendanges, chacun avait son pressoir à long fût et avant on pressait avec les sabots, puis est arrivé le moulin, puis le concasseur à main puis électrique. Sur la commune, il subsiste des pressoirs à fût ; à La Sucrerie chez Les La Roche Macé, au Vieux Couffé chez Briand.

Il a eu son permis à 45 ans. Il évoque la convivialité des vendanges, la compagnie des battages. Tout le monde court de nos jours. On ne battait jamais le dimanche ni même la nuit avant. On allait pas en vacances. Si on voulait prendre un jour on le prenait.

Il évoque les veillées, le repas de boudins faits avec le cochon que l’on tuait une fois l’an (en février ou en décembre), avec lequel on faisait de la charcuterie, des pâtés mis dans le four, des saucisses. Au repas du boudin, on invitait les conscrits ; il y avait un accordéon, on dansait. Une chanson inventé à la Pichonnière avec des conscrits ; « on a mangé 133 boudins à La Pichonnière, on aurait dit une bande d’enragé du cochon à Jean Clair ».

Les conscrits cochaient un bâton avec chaque fois qu’il buvait un verre. Les conscrits passaient voir les filles du même âge ; ils étaient toujours bien accueillis et invités à la table.

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