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Kourdan Aïn Madhi [11379]

1938 précisément | Albert WEBER

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Film amateur
Les enfants du cinéaste jouent dans un bassin et dans le jardin. Le plus jeune porte un chapeau et nourrit des poules. Il regarde la caméra et s’approche. Il manipule seul une grande scie à bûches. Il transporte un chevreau vers la caméra. Jeux dans la piscine entre les enfants avec un tuyau d’arrosage.
Ecrit en lettres taillées : « Laghouat 14 juillet 1938 ». Vue en contre-plongée d’un minaret, des drapeaux français en premier plan. Un cavalier passe devant une longue rangée de soldats au garde-à-vous. Les troupes passent à la revue. Les décorations sont remises.
Carton « Le défilé ». Le défilé commence. Une fanfare avance. Des cavaliers suivent. Serrages de mains, discussions. Des hommes posent devant un bâtiment indiquant « Restaurant »
Carton « Visages d’enfances ». Le plus jeune fils Weber avance, un chevreau dans les bras, souriant. Portraits des enfants : lance-pierre, sentir des fleurs, goûter.
Une voiture est réparée et avance dans le désert.
Les enfants Weber, avec d’autres enfants.
Pierres tombales. La tombe de Mme Aurélie Tidjani "décédée le 28 Août 1933 à l'âge de 84 ans mourut musulmane devant plusieurs témoins à Courdoane". (Voir complément).
La famille se promène sur des chemins. Rencontre avec des algériens. Rues de Laghouat. Un algérien observe l’horizon.
Albert Weber, un cinéaste amateur sur tous les fronts.

Albert Weber (1905 - 1992) est né à Thann, dans le Sud de l’Alsace. Il suit des études de médecine et s’oriente vers la chirurgie-dentaire. En 1925, il incorpore les services de santé de l’armée à Lyon, avant d’être envoyé à Beyrouth l’année suivante. En 1936, il part pour l’Algérie dans le cadre d’un nouvel engagement auprès de l’Armée française, notamment pour l’Hôpital de Laghouat. Plus précisément, il est conventionné par l’Armée pour des missions médicales dans le M’Zab. Il s’agit d’une région berbérophone au nord du Sahara algérien, à environ 400 km d’Alger, traversée par un oued (fleuve) éponyme, d’une superficie d’environ 8000 km2 et de près de 200 000 habitants environ, dont la ville principale est Ghardaïa. C’est là qu’il commence à filmer en amateur et rencontre également sa future épouse, Andrée, institutrice d’origine bretonne.

Durant les vingt-six années passées en Algérie, Albert Weber filme énormément, la région lui servant en quelque sorte de laboratoire pour apprendre et se perfectionner. Il utilise d’abord le 9,5 mm noir et blanc, par la suite il s’adapte aux nouveautés sur le marché de l’audiovisuel amateur. En 1942, il change son format de film au profit du 16mm, d’abord noir et blanc puis en couleur. Grâce à sa caméra, Albert Weber se place, dans la région de Laghouat, au sud de l’Algérie, comme une véritable figure du cinéma amateur. Par ses films, nous pouvons aisément connaître sa vie et ses engagements car il filme dès qu’il en a l’occasion. Ainsi, il tourne un peu sur tous les fronts, de l’armée aux cultures sahariennes vues par un œil européen en passant par la médecine, l’urbanisme ou encore ses engagements associatifs.

Certains films ont également été utilisés pour financer des œuvres caritatives, telles que la Croix-Rouge ou l’Association des Amis du Sahara, et d’autres récompensés, comme par exemple Images Sahariennes (1949), premier prix de cinéma amateur, ainsi que Missions Ophtalmologiques la même année. Dans les années cinquante, Danses du Sud est primé à un festival d'Alger. Étrangement, Albert Weber ne filme pas ce qui pourrait se rapporter directement à la guerre d’Algérie, qui est un peu moins présente dans le sud de l’Algérie, alors que de nombreuses images sont tournées au cœur de défilés militaires, dont un quelques mois après l’indépendance.

Dès 1963, quelques mois après l’indépendance, Albert Weber et sa femme sont contraints de quitter l’Algérie, comme de nombreux Français. Ils s’installent tous les deux en Bretagne, à Pontrieux dans les Cotes-d’Armor. Albert Weber continue de tourner des films, en Bretagne et ailleurs en France, notamment en Alsace, sa terre natale. Durant les dernières années de sa vie, il s’engage un peu plus dans la commune. Il siège au Conseil municipal de Pontrieux dès 1965 et est élu maire divers gauche entre 1971 et 1983. Il y vit jusqu’à sa mort et la petite ville se retrouve au cœur d’un certain nombre de films, comme Laghouat l’était lorsqu’il vivait en Algérie. En 1984, il range définitivement sa caméra après le carnaval de Pontrieux, ville où il décède en 1992.

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