• Entrez votre identifiant et votre mot de passe dans le formulaire ci-dessous

    Votre identifiant
    Votre mot de passe

8144

Films
en accès libre

RECHERCHE
  • Titre   Résumé   Réalisation   Séquences   Années  





  •  
    Champ
    Opérateur
    Valeur

Algérie 4 [12346]

1959 à 1960 | Marc KOHLER

Film amateur
    • Genre
    • Documentaire
    • Durée
    • 00:10:30
    • Coloration
    • Couleur
    • Format durée
    • CM - Court métrage
    • Format original
    • Film 8 mm
    • Son
    • Muet
    • Descripteurs
    • 1954-1962 Guerre d'Algérie - Armement militaire - Désert
Plans sombres, dans le Djebel-Béchar, des militaires tentent de dégager un camion ensablé. Ils roulent sur des plaques en métal posées dans le sable. De nombreux militaires sont dans les véhicules.
Des armes prises à l'ennemi sont sur une toile au milieu des militaires, un soldat les montre à la caméra, souriant. Les soldats se servent. Un char avance dans le désert.

Un véhicule réfectionne une route. Un soldat tient un plan dans sa main. Un homme traverse derrière lui sur un âne.
Un village, en arrière-plan. Un camion tire des pneus derrière lui, un soldat assis dans un des pneus. Les camions avancent difficilement dans le sable.

Un soldat tient un fennec mort dans sa main, il le montre à la caméra. Les soldats stationnent dans le désert. Ils continuent à pied.
Deux hélicoptères survolent au loin. Les soldats préparent une opération d'encerclement.

Les soldats avancent dans des rochers. Un chameau transporte leurs affaires, un homme installe une antenne.

Quatre hélicoptères dans le ciel. PR Des hélicoptères depuis un cockpit.

À l'ombre d'un camion, des soldats boivent et fument. Deux soldats tiennent une outarde morte par les ailes.

Dans un village, des hommes devant une entrée indiquant "SCHULTZ", ils s'approchent de la caméra, l'un tient une pancarte "Les Quillards".

Plans du désert. Le vent souffle dans un talus envahit par les sauterelles. Un militaire le secoue. GP Les sauterelles accrochées au branches de l'arbuste. Des sauterelles recouvrent le sol.

Campement militaire, les soldats se reposent, autour d'eux leurs armes et leurs radios.
Les images montées depuis la traversée de la Méditerranée, sur le « Maréchal Joffre », au désert près de Colomb-Béchar, la Hamada du Guir, plateau rocailleux désertique, font du film Algérie 2 un film de voyage, catégorie très prisée par les cinéastes amateurs, même si ici il est un peu particulier. Se succèdent des plans de la ville d’Oran, de paysages pris depuis un train, de la place du marché de Colomb-Béchar, de la casbah, du jardin botanique et de la synagogue d’Alger, du mausolée berbère d’époque romaine, abusivement surnommé le « Tombeau de la chrétienne ». On retrouve ainsi la fascination que les soldats français ont à l’égard d’un monde totalement différent de ce qu’ils connaissaient jusqu’alors. Pourtant, le contexte colonial est aussi présent.
 
Comme dans le film de Claude Consorti, Algérie 1959-1961, la tour avec horloge d’Oran, inspirée de l’architecture religieuse arabo-musulmane, rappelle la tour du muezzin de la mosquée, et marque la rivalité des temps occidental et musulman. Des OUI sont peints sur des murs de la ville : il s'agit sans doute de oui au référendum pour la constitution de la Ve République de de Gaulle (28 septembre 1958). Des enfants font le salut militaire devant la caméra (TC 09:33:52:20 à 09:33:59:04), un militaire manipule un revolver (TC 09:34:51:22), le drapeau tricolore flotte au-dessus du bâtiment abritant le délégué général après un plan de la statue équestre du duc d'Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe, qui a participé aux campagnes militaires de la conquête en Algérie entre 1830 et 1842. Moment de la valorisation de la colonisation et de la présence militaire françaises, un défilé du 14 juillet est aussi filmé alors qu’il passe près d’un bar qui porte l’enseigne Bar Lyonnais. Particulièrement significatif d’une approche touristique est le passage entre les TC 09:40:33:17 et 09:43:03:12 : la côte d’Alger est filmée en avion puis le site archéologique romain de Tipaza. Le sous-lieutenant profite ainsi avec des camarades d’une permission lors d’un stage d’aviation à Alger. Les soldats, en civil, sont devenus de véritables touristes. Détail intéressant collecté par J.-P. Bertin-Maghit : Le Canard enchaîné, journal satirique utilisé par l’un des permissionnaires, est interdit à la caserne. Il a donc été acheté et lu le temps de la permission. 
 
On retrouve la fascination du touriste pour le pittoresque dans le film Algérie 1 (entre TC 01:05:38:14 et 01:18:25:16), avec les images filmées lors du grand marché aux dromadaires de Tindouf. Plans d’ensemble et portraits sont plus ou moins dérobés car le soldat-cinéaste amateur reste à distance de la population : une petite fille esquisse brièvement une danse dans une ruelle devant le cinéaste amateur qu’elle voit pourtant de loin (TC 01:18:15:15 à 01:18:25:16). Quelques sourires de femmes et de filles sont tout de même obtenus en gros plans ou plans rapprochés (TC 01:16:09:05 à 01:17:06:00).
 
Les films Algérie 1Algérie 3 et Algérie 4 montrent des images relatives à l’hostilité du milieu aride et désertique, entre paysage regardé avec fascination de la découverte et présenté comme décor de « pacification » lors d’une mission : montée des eaux de l’oued Guir avec un chien emporté (TC 01:04:03:02 à 01:05:23:19 dans Algérie 1), gazelles mortes, lézard tenu en laisse, uromastyx, scorpion, multitude de mouches lors d’un bivouac, importance de l’eau au quotidien (notamment entre TC 00:09:44:15 et 00:14:02:05 dans Algérie 3) ou invasion de sauterelles (TC 00:10:25:00 à 00:11:11:22 dans Algérie 4), mais aussi camion ensablé ou embourbé.
 
La guerre est approchée par les images d’exercices dans Algérie 1 : exercices au sol pour monter et sauter le plus rapidement possible d’un hélicoptère (TC 01:03:40:15 à 01:03:55:22), exercices d’héliportage, de parachutage de soldats et de caisses, de bombardement, notamment au napalm (de TC 01:26:33:02 à la fin du court métrage). Comme dans de nombreux films de soldats-cinéastes amateurs, les avions et hélicoptères sont très présents dans les films de Marc Kohler. C’est que dans la contre-guérilla de l’Armée française face à l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne l’utilisation de l’aviation est une nouveauté capitale, notamment des hélicoptères Vertol H21 (« banane ») et Sikorski H19 pour le transport de matériel et/ou de troupes. Toujours dans Algérie1, le sous-lieutenant s’est installé au milieu du camp de prisonniers de la garnison de Kenadsa et cerne quelques visages des Algériens qui se font couper les cheveux et font cuire de la viande sur broches, sans qu’ils partagent un regard avec la caméra.
 
La guerre est aussi approchée dans Algérie 3, entre TC 00:01:51:07 et 00:03:46:02, lors d’une perquisition dans un village qui semble avoir été surpris comme semblent en témoigner une théière renversée sur le sol dans une ruelle et le cadavre d’une gazelle égorgée pour une préparation culinaire. Tandis que des hommes sont à genoux, gardés par un soldat, les femmes et les enfants sont filmés à distance par le sous-lieutenant. L’une des femmes tient fermement un regard face à la caméra puis tourne la tête. L’hostilité de l’Algérienne à la présence française, nourrie par l’opération de police effectuée par les militaires, est perceptible.
Marc Kohler est né le 4 juillet 1936 à Vichy. Fils d’un entrepreneur dans le chauffage et le sanitaire, il est de nationalités française et suisse. Cinéphile, il pratique la photographie depuis l’âge de 10 ans. Il suit des études d’ingénieur à l'Institut Energie et Combustible - École Supérieure de Thermique, puis effectue son service militaire à partir de 1957. Après avoir suivi le peloton des Élèves officiers de réserve (EOR) dans l’Arme blindée cavalerie de Saumur, il est envoyé en décembre 1958 en République fédérale d’Allemagne au 4ème régiment de cuirassiers à Wittlich, près de Trêves. C’est là qu’il achète, avec l’argent de son père, une caméra Paillard Bolex 8 mm à deux objectifs. « La caméra ça permet quand même de voir un peu plus, pendant un moment, l’évolution des mouvements, des gens » déclare-t-il (Jean-Pierre Bertin-Maghit, Lettres filmées d’Algérie. Des soldats à la caméra. 1954-1962, p.71).

Il est rappelé en Algérie du 26 mai 1959 au 28 juin 1960 au 26e Régiment de Dragons à Kenadsa près de Colomb-Béchar en Zone Ouest Saharien, près de la frontière marocaine, comme aspirant et sous-lieutenant. Blessé durant cette période, il reçoit la Croix de la valeur militaire.

Après la Guerre d’Algérie, il est ingénieur thermicien à Stahlbau Dillingen, en Allemagne puis ingénieur thermicien en chauffage et ventilation à Brest. Il travaille pour Coredif, un bureau d'études high-tech, spécialisé en transfert thermique pour l’armée, l’aéronautique, la marine et le nucléaire. Il est également expert à la Cour d'Appel de Rennes, pour les Tribunaux Administratifs de Rennes et de Nantes.

Totalement autodidacte en matière de cinéma amateur, il l’a pratiqué occasionnellement et uniquement au cours de son service militaire en Algérie. ll a commencé à tourner en 1959 en 8mm. Marc Kohler aimait filmer les zones militaires et divers paysages. Il utilisait une Paillard Bolex - 2 objectifs 8mm et un projecteur Pathé. Les transmissions étaient alors très difficiles, les films amateurs lui permettaient de donner des nouvelles à ses parents. Il achetait sa pellicule sous forme d’abonnement chez Grenier Natkin à Paris et se les faisait envoyer en Algérie. Il les renvoyait pour développement puis les faisait adresser à ses parents domiciliés à Brest. Ses films sont non montés, simplement assemblés, c’est sa mère qui collait les images. Il s’agit-là véritablement de « Lettres filmées » (J.-P. Bertin-Maghit, Op. cit.).

La newsletter
de la cinémathèque de Bretagne

Pour recevoir toutes nos informations,
inscrivez-vous

Powered by diasite
Designed by diateam